L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

Les cartons d'essais

11 idées de Des Shadoks | shadok, humour, dessin humoristique

 

Il y a plusieurs sortes d'essais à faire pour  harmoniser un orgue.

 

 

Ces essais demandent de disposer de cartons d'essais qui peuvent soit prendre une forme particulière en fonction de l'essai, soit être un unique carton qui présente les différentes formes et dispositions des trous pour chaque piste successive correspondant à chaque flute dans l'ordre des numéros croissants.

 

Il est rare d'avoir un contact avec un noteur avant de disposer d'un orgue, mais d'autre part il est aussi rare de disposer d'une perforatrice avant d'avoir son orgue...

Il faut donc à un moment donné se procurer les cartons d'essais ou se les fabriquer pour terminer son orgue.

 

On peut donc le faire avec trois sortes de cartons ou avec un seul carton percé de façon particulière.

 

 

 

 

Le premier résultat à obtenir pour un orgue en construction, c'est le silence quand tous les trous de la flute de pan sont obstrués par un carton qui n'est pas entrainé. Ce type d'essai ne nécessite pas de carton on peut boucher tous les trous avec un bout de scotch.

 

La suite consiste à faire jouer toutes les flutes une par une pour vérifier les puissances sonores pour avoir un relatif équilibre entre chacune et globalement entre les basses et les aigües, comme dans le vidéo suivante:

 


 

On règle la puissance sonore de la flûte en jouant "in fine" sur l’épaisseur de la lumière.

Cette puissance sonore est une combinaison entre la pression de la réserve, l'épaisseur de la lumière, la hauteur de bouche, l'état de surface du noyau et de la lèvre inférieure, le  diamètre d’alimentation de la flûte (qui est fixé par le diapason) mais il faut aussi tenir compte de notre perception qui est différente selon les fréquences et selon notre âge...

 

 

 

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Ensuite le réglage des répétitions se fait avec les vis de réglage individuelle des Vannes à membrane intégrée sur chaque flûte, selon la méthode largement commentée dans les articles de ce blog qui concernent les VMT et les VMC.

 

 

reglage capillaire.png

 

Enfin pour les non répétitions on utilise un carton de non répétitions pour vérifier que les vannes trop performantes ne coupent pas les flutes sur les petits ponts qui sont sensés ne pas influencer la commande tout en maintenant la rigidité du carton.

 

 

L’accordage des flutes ne demande qu'un trou fixe pour permettre de faire varier le tampon jusqu'à l'accord vérifié par l'aiguille de l'accordeur.

Il suffit de positionner le carton de répétition en retirant la courroie et de tourner la manivelle.

 

Il existe un carton particulier que j'ai découvert lors du  festival d’Arpajon sur le stand de Pierre Pénard pour économiser de la matière mais qui est assez compliqué à fabriquer et à utiliser:

carton PP.jpg

 

 

- Et comment on s'en sert? on place les trous en face de ceux de la flûte de pan et on tourne la manivelle, comme le carton est calculé pour ne pas être entrainé, il reste en place. C'est essentiellement pour les orgues à courroie crantée et en arrière du chemin des cartons comme le pratique PP dans ses orgues. On se doute qu'il n'y a pas qu'un seul coté qui sert de  bord de référence...

 

- Pourquoi il est écrit: grille pour 29 notes alors qu'il n'y a que 22 trous dont les numéros vont de 1 jusqu'à 23, et que le 5 est avant le 1, qu'il manque les N° 12, 22, 24, 25, 26, 27, 28, 29?

C'est parce que les 7 trous des numéros 9 à 16 sont utilisés une seconde fois pour ceux des numéros manquants en changeant le coté du bord de référence et en retournant le carton.

 

Ce qu'on gagne en matière on le compense en complexité, voir l'article sur  les flutes de pan à trous carrés pour se repérer dans les numéros...

 

 

Le réglage des répétitions se fait avec un carton de répétitions comme celui qui est distribué aux stagiaires. Il est conçu avec des trous carrés de 3*3 espacés de 3.8 mm.

DSC03329-R.jpg

 

 

Le réglage des non répétitions se fait avec un carton de non répétitions à se procurer auprès d'un noteur comme Pierre Charial ou Bitran qui en proposent gratuitement aux constructeur amateurs lors d'une visite de leurs ateliers. Il est conçu avec des trous de 6*3 mm espacés de 2 mm.

DSC03327(R.jpg 

 

 

 

Plutôt que faire deux cartons d'essais un de répétitions et un de non-répétitions, il existe une solution intermédiaire en fabricant un carton d'essais de trous de 3.0 mm de large et 3.5 mm de long espacés de ponts variables de longueur variables et diminuant progressivement 3.8 jusqu'à 1.5 mm par réduction de 0.2 mm entre chaque trous successifs, puis suivit d'une série de trous avec 1.5mm d'espacement. On compte alors le nombres de répétitions avant la note continue. On mesure la sensibilité des répétitions et des non-répétitions par déduction: le nombre de répétitions doit être compris entre un minimum et un maximum qui indique entre quels trous on obtient le basculement et donc on y mesure l'écartement entre trous. ce basculement doit avoir lieu pour un espacement supérieur à 1.5 et inférieur à 3 mm.

 

 

 

Il reste une dernière solution pour éviter les coupures sur petits ponts avec un orgue pneumatique performant c'est de les  supprimer en les coupant au cutteur comme le recommande Didier Bougon, si on considère que le guidage aussi est correctement conçu, puisque dans les orgues mécaniques les cartons n'ont pas de petits ponts et que les cartons ne posent pas de soucis de guidage...

 

 

Pour un orgue midi il faut produire un ou plusieurs fichiers midi avec les constantes de temps adéquates.

 

Suite à l'article François Hau m'a fait parvenir un fichier midi de Frédéric Keller pour l'accordage mais je ne sais pas comment m'en servir.



25/03/2022
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