L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

orgue de Line

 

orgue line entier.jpg

 

C'est original, l'année dernière à la même époque, vers le 8 mars journée internationale des droits des femmes et non la journée de la femme, je mettais un article sur  l’orgue de Claire la première stagiaire à terminer son orgue.

 

Cette année 2021, j'ai aussi réparé deux orgues type chanterue construits par Cautin, un pour Françoise Houel une adhérente des passionnés du bois en février et un autre pour Sandrine Rouquet une chanteuse professionnelle, début mars.

 

Au passage si vous avez besoin d'une prestation de chanteuse ou conteuse vous pouvez la contacter sur:

Sandrine Rouquet Conteuse 06.16.04.67.89 ou www.conteurs.paris

 

Ces deux orgues ont été réparés en présence des propriétaires qui sont reparties avec dans l'après-midi de leur passage à mon atelier.

Pour l'orgue de Françoise, il y avait 4 vis manquantes qui n'étaient pas remontées, la soufflerie n'était pas en place et l'aspiration n'était plus correcte il sonnait faux. Pour l'orgue de Sandrine, il y avait deux notes muettes avec  un cheveux dans une anche et une poussière dans l'autre.

A l'occasion, comme ces deux orgues ne sont pas de la même époque, je peux observer et noter les modifications qui corrigent des défauts mineurs et donc comprendre les raisons pour l'évolution du modèle par M. Cautin.

 

Décidément cette date réveille nos féministes amatrices d'orgue de barbarie!

 

Car fin février 2021 je suis aussi contacté par Line B.....  pour la remise en état d'un orgue pneumatique 27 touches Erman à vanne à membrane séparées acheté à un amateur. Au premier contact, par téléphone je lui demande de me faire écouter le passage d'un carton. Le résultat est sans appel:

Le carton ne bouche plus aucun trou de la flute de pan du coup toutes les flutes chantent en permanence.

 

Je lui propose de passer à mon domicile début mars, en pensant facilement et rapidement régler la pression des rouleaux de la boite de presseurs avec les vis de réglage qui sont habituellement sur la boite de presseurs. Je pense en avoir pour 3 minutes et je lui dis que se sera gratuit. De plus il est toujours riche d'enseignements de voir comment les autres font lorsqu'ils utilisent les techniques que je préconise comme les VMT, mon bénéfice sera plutôt dans les enseignements à en tirer.

 

Elle me l'a amené pour que je le répare et je suis prêt aujourd'hui 8 mars 2021 à le lui restituer après plusieurs jour de galère inattendue!

 

Il a été construit par un amateur donc sans garantie, mais est hors service, après une longue période d'inactivité. Line l'a acheté pour son père  en état de fonctionnement il y a quelques années pour environ 2500 € dans le sud de la France à Carpentras, ils ne se souviennent plus ni du nom, ni de l'adresse de son constructeur, et pensent même que son constructeur est décédé.

 

Dès son arrivée je constate le désastre, il ne fonctionne plus du tout:

Le carton ne bouche plus les trous de la flute de pan, parce que le rouleau entraineur est trop haut par rapport à la flute de pan dans le chemin des cartons, du coup toutes les flutes chantent en permanence, mon analyse à distance se révèle exacte.

Mais je me trouve bien mal embarqué avec mes promesses car rien n'est réglable dans ce chemin des cartons, pourtant elle m'affirme que cet orgue a joué normalement précédemment!?? J'ai beaucoup de mal à la croire et à l'admettre...

 

Je ne peux plus reculer mais il ne sera pas réparé en 3 minutes il va falloir étudier ça de plus près.

 

orgue de line 6 ecart-r.jpg

PHOTO 1

 

Il me parait impossible qu'il puisse avoir fonctionné auparavant vu la configuration, voir la photo ci-dessus. De plus  aucun réglage n’est possible

par exemple sur la hauteur et la position en largeur de la flute de pan, ou sur le positionnement des rouleaux presseurs qui ont une position fixe dans leur boite à l'exception du mouvement de haut en bas des paliers par ressorts qui est indispensable pour absorber les différences d'épaisseurs des cartons et doser la force de pression. Donc rien ne s'est déplacé puisque rien n'est déplaçable. L'entraineur est nettement trop haut même avec la pression du presseur sur l'entraineur fabriqué dans une matière inconnue; on dirait une série de rondelles empilées de diamètres différents et alternés... Tient voila déjà quelque chose de nouveau!

 

Le problème principal tourne autour de la conception du chemin des cartons avec la boite de presseurs!

 

Rappel: on recommande les trous carrés pour la flute de pan associées à des vannes à membrane.

Dans l'orgue de Line le presseur cannelé est centré sur l'axe des  trous ronds de la flute de pan ce qui n'est pas très favorable on risque d'entendre des wouaps comme le premier cas de l'image ci-dessous:

 

presseur decalage.png

 

Le chemin des cartons assure  le guidage du carton selon trois axes dans l'espace:

La première c'est  le défilement à la vitesse de 60mm par seconde, généralement de gauche à droite (mais pas toujours).

La seconde fonction, c'est un guidage par placage sur le bord de référence, pour aligner les trous du carton sur ceux de la flute de pan.

La troisième fonction, c'est l'étanchéité entre le carton et les trous de la flûte de pan par la pression du rouleau cannelé ou de deux rouleaux lisses

 

 

Donc avec un entraineur trop haut et un presseur cannelé centré sur l'axe des trous de la flute de pan je pense immédiatement qu'il faut placer un troisième rouleau comme dans la solution numéro 2 de l'article sur les wouaps et de l'image ci-dessous:

 

anti wouaps3.png

 

 

Sur l'orgue de Line les presseurs n'ont pas de réglages de pression des ressorts dans la boite des presseurs, ni de réglage sur la flute de pan pour aligner les trous sur le bord de de référence, ni de réglage en hauteur pour s'aligner sur la hauteur de l'entraineur. Le presseur de flute de pan est cannelé, suspendu par deux paliers avec ressort mais non orientable et aligné sur l'axe des trous ronds.

 

Les paliers des presseurs glissent normalement, les ressorts en boudins sont en place ils sont peut être fatigués ou insuffisants en pression ou encore mal placés. Il n'y en aura pas pour 3 minutes je lui propose de partir en me laissant l'orgue pour quelques jours avec l'incertitude d'en venir à bout.

 

La première intervention sera de tout démonter, nettoyer, examiner, graisser puis  remettre en place et... miracle le carton plaque!

Je ne m'explique pas pourquoi mais ça fonctionne alors que les éléments sont les mêmes et avec les mêmes positions.

Si je relis la phrase du paragraphe précédent, les ressorts en boudin des presseurs sont les mêmes donc:

ils ne sont pas fatigués, ni insuffisants, reste la dernière option ils étaient peut-être mal placés. il y a plusieurs possibilités: les ressorts étaient déboités par rapport à la position d'origine que je ne connaissais pas, les paliers ont été inversés et je les ai remis à l'endroit sans le savoir, etc...

 

D'ailleurs on peut remarquer sur la première photo de l'article que le carton use le laiton du  coté gauche de la flute de pan mais n'use pas le laiton coté droit juste après le bord des trous ronds, il y a une différence de brillance... Ce qui démontre que le carton a usé la flute de pan en frottant dessus en recouvrant les trous mais pas sur toute sa surface et qu'avec mon intervention c'est de nouveau en place. Le carton frotte sur les trous mais décolle de la flute de pan  juste après pour monter vers le rouleau entraineur. L'ensemble flute de pan entraineur et presseurs doit fonctionner à peu près comme le schéma ci-dessous:

 

 

line carton.png

 

le presseur de l'entraineur doit être légèrement décalé et tord le carton vers la flute de pan ce qui peut expliquer ce fonctionnement atypique. Le rouleau lisse doit être exactement en face dans un sens (avant démontage) et décalé (après remontage) quand les paliers sont inversés bout à bout dans les guides de la boite de presseurs si les axes ne sont pas exactement au milieu des paliers.

 

C'est limite mais encore une fois, si ça fonctionne on va s'en contenter! Mais je ne suis toujours pas certain d'avoir compris pourquoi ça défie la logique, puisque cette idée d'explication m'est venue après l'avoir restitué et que je ne peux plus le vérifier...

 

Comme quoi comme je l'affirme souvent fabriquer un orgue de barbarie ce n'est pas si compliqué, mais c'est une somme de petits détails et le moindre petit détail peut tout compromettre.

 

Cet orgue est conçu correctement pour le démontage et c'est une bonne chose! Mais coté conception il y a un "léger" souci, pour faire solide les épaisseurs sont généreuses et l'orgue pèse allègrement ses 50 Kilos, difficile de le manutentionner si on est seul, même pour le transborder de la charrette au coffre de la voiture. Mais une fois démonté chaque partie peut être manutentionnée aisément.

 

Quelques photos de l'orgue démonté:

 

 

le coffre en vue avant,      et les flutes:

orgue line 1.jpg  orgue de line 2.jpg

 le coffre en vue arrière,         et la soufflerie avec les 4 basses:

orgue de line 3.jpg  orgue de line 5.jpg

 le chemin des cartons avec la boite de presseurs déposés:

otgur de line 4.jpg

 

Une fois tout remonté, certes le carton plaque, mais il y a des flutes qui sonnent alors qu'elles doivent être toutes muettes.

La 5 joue fortement, la 26 elle, chuinte légèrement alors qu'elle devrait elle aussi être totalement silencieuse.

Pour la 5 c'est une question de membrane en effet de voute, la 26 une question de contact de la membrane sur le siège de la vanne qui présente soit un pli soit une poussière ou un copeau à nettoyer, plus éventuellement un réglage de la vis pointeau, réparations faciles et évidentes pour le promoteur des VMT que je suis (aussi un peu frimeur!).

Finalement c'était simplement le fait que la membrane était posée à l'envers avec le coté pelucheux vers la chambre et non vers le siège. D'ailleurs toutes les membranes le sont mais les autres ne fuient pas, et je les laisse en l'état plutôt que de les déranger et de me compliquer la tache.

 

On obtient enfin le premier cadeau d'un orgue avec un carton en tournant la manivelle: le silence!

Enfin un silence relatif parce qu'il y a: la soupape de surpression de la réserve qui siffle fortement, les clapets qui claquent, des bruits mécaniques mais rien dont l'origine concerne les flutes et vannes.

 

 

Pour l'ensemble des flutes:

- Premier constat les lumières ne sont pas creusées ni coté noyaux ni coté lèvre inférieure mais obtenue par l'interposition d'un carton d'épaisseur constante. C'est ce que je désigne dans mes articles comme la méthode Van de Vrie, un constructeur amateur hollandais qui recommande cette méthode. De notre coté on ne la recommande pas car alors les basses ont un plus faible niveau sonore par rapport aux autres flutes. C'est le cas de cet orgue qui de surcroit  alimente les 4 basses avec un diamètre de 12 mm  connu pour être insuffisant pour les flutes 1 et 2.

- La seconde observation sur ces flûtes concerne les lèvres supérieures qui ne sont pas dans la continuité de la façade avant mais dont le fil du bois est perpendiculaire au vortex et donc au fil du bois de la façade. Une telle disposition apporte une meilleure solidité mais il n'y a aucune étude sur les conséquences en termes de qualité sonore. Par contre le contraste de nuances de bois donne un aspect esthétique inhabituel.

 

cale flute line.jpg

 

Il faut envisager d'utiliser la méthode  d'harmonisation en lumière par creusage de la lèvre inférieure pour les 27 flutes 23 de montre et 4 de basses, puis augmenter le diamètre d'alimentation des flutes 1 et 2.

 

Pour les vannes à membranes:

- les vis de réglages sont opérationnelles les réglages sont fonctionnels

- quelques membranes ne sont pas suffisamment creusées

- il y a les basses 1 et 2 qui sont sous alimentées.

- quelques vannes une fois démontées présentent des fuites d'air entre l'arrivée et les passages des vis de fixation sur le sommier du distributeur, mais quand les vis sont en place ces fuites ne sont pas détectables. Cela complique les essais quand on travaille sur ces vannes démontées il faut boucher ces passages de vis.

 

Dans l'ensemble le constructeur de cet orgue à bien compris le fonctionnement des vannes à membrane séparée mais n'a pas eut connaissance des  vannes intégrées dans le pied de flute ni du distributeur intégré dans le collecteur.

 

On peut faire un bilan après le passage des cartons d'essais de répétitions et de non répétitions:

 

1) Pour ce qui concerne l'égalité de pression sonore en dehors des basses, il y a 6 flutes faibles par rapport aux autres: les 11; 13, 15, 16, 17, 25. il faut laisser plus d'air passer en creusant par déformation la membrane de la vanne correspondante.

 

2) Pour ce qui concerne les répétitions il y a 1 flute qui ne répète pas et reste toujours trop ouverte c'est la 3 il faut ouvrir le passage du capillaire en dévissant la vis de réglage pour remplir la chambre plus rapidement sur un pont normal.

 

3) Pour ce qui concerne les non-répétitions, il y a 9 flutes qui répètent sur les petits ponts, les 1, 11, 14, 15, 18, 20, 24, 25, 26, elles sont donc trop performantes, c'est bon signe!

Il faut dégrader leur rapidité de coupure soit en jouant sur la profondeur des trous de flute de pan ce qui n'est pas possible pour l'orgue de Line, soit en jouant sur la vis de réglage. C'est cette dernière possibilité qui est la seule utilisable. Il faut fermer leur vis de réglage pour remplir la chambre plus lentement et ne plus couper sur un petit pont.

 

Tout ça m'a demandé quelques heures de démontage et remontage des flutes et des vannes séparées avec quelque allers et retours. Après vérification du passage satisfaisant des cartons d'essais de répétitions et non-répétitions, on passe à la vérification des tampons.

Il y en a qui sont en mauvais état: trop écrasés, déformés, non étanches on répare ceux de la 1 et la 15.

 

On peut enfin passer à  l’accordage c'est fait en moins d'une demi-heure et cet orgue permet de faire ça tout seul; on peut accéder à tout, tout en tournant la manivelle avec la main droite et accorder les tampons de la main gauche, en surveillant l'accordeur de l'œil droit et avec l'œil gauche la note à obtenir sur le carton, c'est un bon point.

Pour celles qui ne veulent pas s'accorder c'est toujours, en encore, un problème de tampons on repasse par la séquence précédente; vérification du tampon.

 

Voilà il joue enfin proprement tous mes cartons passent et à part quelques petit problèmes de calage latéraux pour certains cartons plus ou moins précis en largeur et calage coté bord de référence, je suis satisfait du résultat harmonique dans les accords. D'ailleurs quand la flute de pan est correctement calée coté basses mais que le carton est écarté du bord de référence, le dernier trou coté aigüe de la 27 le trou du carton peut découvrir partiellement le trou de la 26 et réciproquement. Il faut centrer le carton, et surveiller à l'oreille quand ça sonne mal coté basses ou coté aigües pour un carton trop étroit (130 mm ou moins). Pour une correction définitive on peut changer la flute de pan contre une flute de pan à trous carrés et réglable en largeur. Impossible de faire mieux, mais 99% de mes cartons passent sans problème.

 

Il y a encore quelques flutes qui font un bruit de bouche ou qui grésillent. On démonte chaque flute concernée, on dépose la lèvre inférieure et on lustre le couloir de la lumière à l'affiloir, on graphite ses surfaces coté noyau et coté lèvre inférieure puis on remonte pour passer à la suivante, comme d'habitude cette méthode donne de bon résultat sur les attaques et transitoires.

 

On peut aussi les stabiliser toutes pour conserver cet état idéal mais normal le plus longtemps possible.

 

Enfin je passe différents cartons ceux qui demandent des répétitions rapides, ceux qui consomment beaucoup d'air dans les basses, ceux qui consomment beaucoup d'air avec plusieurs flutes en même temps, ceux qui ont des petits ponts, etc...L'orgue joue maintenant de façon très satisfaisante.

 

Et là surprise! Je me retrouve avec une crampe dès la fin du premier carton! La manivelle est très dure et la soufflerie débite en résistant au passage du vent comme je l'ai rarement constaté sur un orgue de barbarie, j'ai l'impression de monter une cote en vélo avec les freins serrés.

 

 

Plusieurs possibilités:

augmenter les entrées et sorties des pompes, améliorer les clapets de pompes, améliorer la souplesse des charnière du cuir des pompes

augmenter les passages dans la collecteur entre les entrées et sorties

augmenter les diamètre d'alimentation des tuyaux annelés entre le collecteur et le distributeur séparé

augmenter les passages vers la réserve et les clapets de réserve

augmenter la sortie de la soupape de sécurité de la réserve

 

En fait j'envisage de revoir la soufflerie et ses raccords vers le distributeur, etc...

C'est un autre problème qui demande un gros investissement en temps et matériaux.

Une autre solution sans refaire la soufflerie, motoriser la manivelle.

 

 

Enfin on se penche sur la soufflerie:

Je tente un essai: je démonte aussi la soufflerie et sa réserve et je constate que les pompes ne sont pas démontables elles sont collées sous le collecteur avec un gosier qui dégage  le dessus de pompe supérieure pour que l'air passe vers les pompes supérieures!

Je ne trouve pas les clapets de réserve sous la réserve ni de vis pour démonter les pompes, les clapets de pompes ne sont pas sur les battants mais sur les planches externes, il faut pour y accéder décoller les peaux. Les clapets de réserve sont directement au droit des sorties de pompes sur la planche inférieure du collecteur à l'intérieur du collecteur et la planche supérieure du collecteur n'a que deux petites fenêtres alors qu'elle pourrait parfaitement totalement dégager toute la surface du dessous de la réserve pour accéder aux clapets de réserve!?

 

 

cllecteur pompes collé-r.jpg

 

On l'a déjà dit et vu sur les photos, le distributeur n'est pas intégré dans le collecteur mais séparé et relié par deux tuyaux annelés.

Il y a donc une nouveauté sur cette conception du collecteur avec des inconvénients sur l'accessibilité aux clapets.

Mais la bonne idée c'est la simplification de la planche intermédiaire du collecteur qu'il faut imaginer parce que on ne la voit pas sur cette photo.

 

Je constate que l'une des entrées de pompe a un clapet collé par du vernis je pousse et décolle le clapet en question et remonte le tout.

Je tourne nettement plus facilement, mais c'est encore trop dur...

 

Donc je décide  de démonter les paliers du vilebrequin et des bielles je nettoie, je graisse à l'huile siliconée et je remonte avec le serrage mini pour ne pas frotter trop fort et freiner, mais sans jeu, le grand classique de l'entretien.

 

Le jeu c'est l'âme de la mécanique! et l'huile est à la mécanique ce que la musique est à l'âme!

 

Je tourne alors avec la même facilité que mon orgue personnel je pense ne plus pouvoir faire mieux! C'est gagné il joue presque parfaitement à ma grande surprise et il est souple et facile à tourner.

 

 

 

Mon objectif initial lui est atteint,  l'orgue joue correctement sans intervention lourde, il peut revenir à sa propriétaire et j'ai trouvé quelques idées à creuser. Je suis content et fier mais il ne faut pas trop rouler des mécaniques parce que je ne suis toujours pas certain de savoir pourquoi, même si je sais comment j'y suis arrivé...

 

Line et son père sont contents et, reconnaissants, ils m'ont aimablement renouvelé partiellement, une cave qui se vide plus vite qu'elle ne se remplie.

 

De mon coté j'ai un nouveau sujet: le présent article qui est déjà en ligne.

Cette aventure me donne aussi des idées pour plusieurs sujets d'articles pour l'avenir comme:

"réduire l'effort à la manivelle"  ou  "simplifier et alléger les planches du collecteur-distributeur" ou encore "l'inactivité est aussi dangereuse que l'usure prématurée".

 

Comme la perfection n'existe pas dans notre monde réel, cet orgue est perfectible en envisageant pour le propriétaire de cet orgue de faire les choses suivantes;

 

Faciles et sans risque:

prévoir des poignées de transport correctement placées au dessus du centre de gravité,

acheter un  accordeur et apprendre à s'en servir,

se procurer les cartons d'essais de répétions et de non répétition,

 

Possibles mais risqués, car le mieux peut être l'ennemi du bien:

alléger au maximum les éléments et tout particulièrement le coffre,

remplacer la flute de pan à trous ronds par une flute de pan à trous carrés, réglable en largeur et hauteur,

décaler le presseur de flute de pan un peu avant le bord des trous, ce qui conduit à refaire le chemin des cartons,

augmenter la surface de la soupape de réserve qui siffle à cause de la vitesse de sortie trop grande parce que le trou est trop petit,

creuser les lèvres inférieures pour faire les lumières selon la méthode d’harmonisation pour supprimer les cales en carton uniforme,

augmenter les diamètres des tuyaux d'alimentation des flutes 1 et 2,

et après avoir poli tous les couloirs de lumière  les stabiliser avec un produit comme un vernis ou du Roubio puis les graphiter.

 

Il lui faudra renoncer à réduire les claquements de clapets car ils ne sont pas accessibles pour un remplacement sans décoller, et les cuirs des pompes, et les planches du collecteur, ce qui peut le conduire à refaire la soufflerie et donc de n'avoir conserver que les flutes alors que cet orgue fonctionne très bien en l'état...

 

les conseilleurs ne sont pas ceux qui se payent le boulot!

 

a peritif.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



08/03/2021
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